Juillet 2010
Elles sont excellentes. Les présidents français et azerbaïdjanais se sont rencontrés le 9 décembre dernier à Paris et ont constaté de nombreuses convergences entre les deux pays. Les perspectives de coopération sont importantes. Elles ont été rappelées récemment par le président français lors de la remise des lettres de créance du nouvel ambassadeur d’Azerbaïdjan à Paris, M. Amirbeyov. Le président Sarkozy a par ailleurs annoncé son intention de se rendre prochainement en Azerbaïdjan.
La coopération politique est importante, que ce soit pour la résolution du conflit du HK ou le rapprochement avec l’UE. Naturellement, la coopération économique est également importante et ancienne, dans le domaine des hydrocarbures, mais pas seulement. Je reviendrai sur ces points. Dans le domaine culturel et universitaire, les échanges sont nombreux. L’intérêt pour notre langue est vif en Azerbaïdjan : elle est enseignée dans cinq facultés, au Centre Culturel Français et aussi dans plusieurs administrations azerbaïdjanaises. Nous avons également en projet la création d’une école française à Bakou.
La négociation connaît des moments difficiles depuis la fin de l’année dernière, après une année d’optimisme relatif, au cours de laquelle les présidents s’étaient rencontrés six fois. Le groupe de Minsk continue ses efforts, et l’Azerbaïdjan a montré son engagement pour une solution pacifique en acceptant les principes de Madrid. Nous espérons bien sûr arriver rapidement à un accord sur ces principes de règlement du conflit pour pouvoir ensuite commencer à élaborer un véritable accord de paix qui, lui, prendra plus de temps car chacune des parties devra accepter de faire des compromis. Les présidents des trois pays membres de la coprésidence du groupe de Minsk viennent de rappeler leur engagement par la déclaration de Muskoka, en marge dernier G8 le 27 juin dernier. A partir des six points de cette déclaration, qui recueillent l’accord des parties en conflit, les présidents arménien et azerbaïdjanais sont invités à régler les points de divergence qui restent entre eux pour constituer la base d’un règlement final.
Pour le moment, il est question de rapprochement en direction de l’UE et non pas d’intégration en tant que membre de l’UE. D’ailleurs, l’Azerbaïdjan n’a pas fait de choix à cet égard. Bien sûr, la France souhaite contribuer à la réussite du partenariat oriental, qui peut faire beaucoup en faveur de ce rapprochement. L’intensification des échanges économiques et la multiplication des contacts interpersonnels (rencontres d’étudiants, de jeunes, de chercheurs, de journalistes) sont efficaces à cet égard. Il existe, entre autres actions de coopération, des programmes de jumelages entre administrations azerbaïdjanaises et européennes pour harmoniser les méthodes de travail. La France participe activement à ces programmes et il y a là une dynamique que nous voulons accompagner.
La France souhaite élargir la coopération économique à tous les secteurs de l’économie Azerbaïdjanaise. C’est déjà le cas dans le domaine de l’aéronautique, de l’environnement, des transports, notamment. Nous souhaitons encore coopérer dans d’autres domaines tels que le spatial ou l’agriculture, pour lesquels nous sommes prêts à envisager de véritables partenariats. Même si des progrès peuvent encore être faits pour améliorer le climat des affaires, l’Azerbaïdjan est considéré par les entreprises françaises comme un partenaire recelant de grandes possibilités, d’où leur intérêt croissant pour ce pays, qui se traduit par des missions de responsables : le mouvement des employeurs de France (MEDEF) s’est ainsi rendu à Bakou en novembre 2009 et a rencontré tous les responsables politiques et économiques du pays. Madame Idrac, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, s’est rendue à Bakou en avril 2009. De nombreuses missions de haut niveau représentant les pus grands groupes industriels français sont fréquemment en visite à Bakou.
La crise mondiale a d’abord frappé les secteurs financier et bancaire : c’est donc avant tout à tenter de corriger les plus importants dysfonctionnement de ces secteurs que s’est employée la France. Aujourd’hui, dans le cadre de l’Union Européenne, elle œuvre en faveur d’une convergence des choix économiques et budgétaires pour apporter une réponse cohérente aux défis de la crise. Dans le domaine des investissements, la France met l’accent sur le développement durable ménageant les ressources de la planète : énergies renouvelables, dépollution, épuration des eaux, etc. Dans les activités plus classiques (travaux publics par exemple) elle s’efforce de promouvoir des techniques respectant l’environnement et économisant l’énergie.
Dans le domaine gazier, l’Europe est un gros importateur qui doit assurer son indépendance énergétique en diversifiant au maximum ses sources. La France considère l’Azerbaïdjan comme un partenaire essentiel pour le fonctionnement du « corridor sud », et nous avons apporté notre soutien à la fois public et par le biais des entreprises françaises à la conclusion de l’accord de transit entre l’Azerbaïdjan et la Turquie, qui vient d’être signé en juin 2010. Ce corridor sud permettra un jour d’acheminer du gaz du Moyen-Orient et d’Asie Centrale vers l’Europe, mais c’est le gaz d’Azerbaïdjan qui sera le premier à transiter par ce corridor. Pour le pétrole, la compagnie française TOTAL est depuis longtemps actives en Azerbaïdjan et sa participation au BTC répond à votre question.