La France a été le deuxième pays à reconnaître l’indépendance de l’Azerbaïdjan (le 31 décembre 1991). Elle a ouvert son ambassade à Bakou en 1992.
La France exerce la coprésidence du Groupe de Minsk de l’OSCE qui a pour objectif de rechercher une solution pacifique au conflit du Haut-Karabakh avec l’Arménie.
La France prend aussi un rôle actif dans la coopération entre l’Union Européenne et l’Azerbaïdjan dans le cadre de la politique européenne de voisinage.
Les relations bilatérales sont marquées par un nombre important de visites de part et d’autre. C’est à Paris que le Président Ilham Aliev avait effectué sa première visite bilatérale à l’étranger en tant que Président en janvier 2004. Il a effectué une visite d’Etat en France en janvier 2007. Il s’est à nouveau rendu en France le 20 novembre 2007 pour y rencontrer le président Sarkozy (il s’agissait de sa 7ème visite dans notre pays depuis son accession à la tête de l’Etat azerbaïdjanais en 2003). Réélu en octobre 2008, le Président Aliev s’est rendu en visite officielle en France le 9 décembre 2009(entretiens avec le Président de la République, les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale et le Ministre des Affaires étrangères et européennes) : il s’agissait de sa 8ème visite depuis son accession à la tête de l’Etat azerbaïdjanais en 2003.
Les contacts entre les Ministres de Affaires étrangères sont réguliers. L’année 2009 a été particulièrement dense en terme de contacts de haut niveau : déplacement à Bakou de la Secrétaire d’Etat chargée du Commerce Extérieur, Mme Idrac, à l’occasion de la cinquième session de la Commission mixte franco-azerbaïdjanaise pour la coopération économique en mars ; entretien entre le Premier Ministre et le Président Aliev à Prague en mai ; de la République française et de M. Samir Sharifov, Ministre des Finances de la déplacement en France courant novembre du Général Guliyev, chef du Service d’état aux frontières (entretien avec le Ministre de l’immigration, de l’intégration de l’identité nationale et du développement solidaire, M.Besson) ; en novembre, déplacement en France de la Présidente du Comité d’Etat pour les Problèmes de la Famille, de la Femme et de l’Enfant de la République d’Azerbaïdjan, Mme Huseynova et du Ministre de la Culture et du Tourisme, à l’occasion de la journée de l’Azerbaïdjan à l’UNESCO.
Chronologie des visites bilatérales en 2011 :
6 juillet 2011 - visite en France du ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Elmar Mamediarov. Entretien avec son homologue, Alain Juppé. Perspectives de règlement du conflit gelé du Haut-Karabakh, renforcement des relations économiques et commerciales, diversification de la coopération ont constitués l’agenda de cet entretien.
16 juin 2011 - 16 juin 2011 - visite officielle en Azerbaïdjan du ministre français chargé de la Coopération, Henri de Raincourt, dans le cadre d’une tournée dans le Caucase (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie). Entretien avec le Premier ministre, Artur Rasizade.
7 juin 2011 - visite en France du ministre azerbaïdjanais des Communications, Ali Mahmed Abbassov. Entretien avec le ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, Eric Besson.
Les liens parlementaires sont denses et nourris : le Président du Sénat avait effectué une visite en Azerbaïdjan en 1999 ; le Président du groupe d’amitié sénatorial s’y est rendu à de nombreuses reprises. Le Président du Parlement azerbaïdjanais est quant à lui venu à Paris en 1999, puis en 2004, dans le cadre des rencontres organisées par le Président du Sénat avec ses homologues des trois pays du Sud-Caucase. Une délégation du groupe d’amitié France-Azerbaïdjan s’est rendue à Bakou du 14 au 21 juin 2008 à l’invitation du Parlement azerbaïdjanais (le Milli Majlis) : il s’agissait de la première visite en Azerbaïdjan d’une délégation du groupe d’amitié depuis l’indépendance en 1991.
L’Azerbaïdjan est de très loin le pays du Caucase avec lequel la France a développé les relations commerciales les plus fortes, en raison notamment de ses approvisionnements en hydrocarbures. Depuis la mise en service de l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) en 2005, celle du gazoduc South Caucasus Pipeline (Bakou-Tbilissi-Erzerum) en 2006 et l’augmentation de la production du gisement pétrolier ACG (Azeri-Chirag-Gunashli), les échanges commerciaux, traditionnellement excédentaires pour l’Azerbaïdjan, ont fortement augmenté et connu un pic en 2008 avec 1,8 Md€, alors qu’ils se situaient à 494 M€ en 2005. Nos échanges, qui avaient été dopés par le coût des hydrocarbures en 2008, ont ensuite diminué pour s’établir à 1,37 Md€ en 2009 et à 1,34 Md€ en 2010. Les importations françaises en provenance d’Azerbaïdjan sont composées exclusivement de produits énergétiques. Les importations d’hydrocarbures ont progressé très fortement depuis quelques années et se sont élevées en 2010 à 1,23 Md€ pour représenter 99,8 % de nos importations. La France a accédé au rang de 2ème client de l’Azerbaïdjan tous produits confondus, derrière l’Italie, mais devant Israël, les Etats-Unis, et l’Ukraine (ces données sont à utiliser avec prudence, dans la mesure où, compte tenu des négociations sur les marchés pétroliers et gaziers, l’Italie comme la France ne sont pas nécessairement les destinataires finaux des hydrocarbures produits en Azerbaïdjan). Outre les secteurs pétrolier ou parapétrolier, les entreprises françaises sont bien positionnées dans le domaine bancaire, les télécommunications, l’électricité et l’environnement. La France n’est toutefois que le 11ème fournisseur de l’Azerbaïdjan, très en retrait par rapport à certains de nos partenaires européens (Allemagne, Royaume-Uni…). Les exportations françaises à destination de l’Azerbaïdjan se sont fortement ralenties depuis 2008, où elles atteignaient 150 M€, pour retomber à 102,9 M€ en 2009 et remonter légèrement à 104,7 M€ en 2010. Elles restent en revanche plus diversifiées que nos importations et sont principalement constituées de biens d’équipements (47%), de produits cosmétiques (14%) et de produits métalliques (7%). Les entreprises françaises, très présentes dans le domaine parapétrolier, sont associées aux consortia gérant l’oléoduc BTC, dont Total détient 5 % des parts, et le gazoduc SCP (10%). Total a renforcé ses positions en Azerbaïdjan en signant le 27 février 2009 avec la compagnie nationale d’Azerbaïdjan SOCAR un accord de partage de production (PSA) portant sur la prospection du bloc offshore d’Absheron (40%) qui s’est révélé par la suite très prometteur. GDF Suez est entré ultérieurement dans ce consortium (20%). La CNIM a signé, le 15 décembre 2008 le plus important contrat jamais signé par une entreprise française dans le Caucase (346 M€) pour la construction d’un incinérateur d’ordures à Bakou et pour la gestion de l’usine pendant 20 ans (350 M€). Par ailleurs, en mai 2009, la société SYSTRA a remporté un contrat de 5,85 M€ portant sur la réalisation d’une étude de faisabilité de l’extension du métro de Bakou. Le 5 novembre 2010, ARIANESPACE a remporté un contrat de 93 MUSD pour le lancement du premier satellite de télécommunications d’Azerbaïdjan (lancement prévu en 2012). En octobre 2010, AXA a acheté 51% des parts de Mbask, compagnie d’assurance azerbaïdjanaise en partie détenue par la BERD. SADE a remporté en février 2011 un contrat (40 M€) financé par la Banque Mondiale pour la pose de canalisations et la fourniture de stations de pompage et d’épuration à Siyezen et Shabran (nord est du pays). Les relations dans le secteur agricole et agro-alimentaire sont encore modestes. Toutefois la mise en place récente d’un certificat sanitaire, document permettant une circulation des animaux vivants, devrait favoriser le développement d’une coopération dans le domaine de l’élevage bovin. Par ailleurs, l’Azerbaïdjan est éligible à la Coface, assureur-crédit qui couvre les risques politiques et commerciaux des entreprises exportatrices sur l’Azerbaïdjan. La Commission mixte franco-azerbaïdjanaise sur la coopération économique se réunit tous les deux ans, en alternance dans chacun des pays, et a pour vocation de stimuler les relations économiques bilatérales. La 6ème commission mixte se tiendra à Paris le 23 septembre 2011.
L’enveloppe globale de la coopération culturelle, scientifique et technique reste stable et s’élève à 355 668 € en 2011. Les principaux projets réalisés et actions menées concernent les domaines suivants : santé ; coopération vétérinaire et agricole ; sauvegarde de l’environnement ; soutien à l’Etat de droit (formation des fonctionnaires – CISAP (session de perfectionnement ) ENA) ; gestion des situations d’urgence (coopération avec le Ministère des Situations d’urgence) ; modernisation de l’enseignement du français (formation continue des professeurs de français et coopération à la formation initiale avec l’Université de Strasbourg) ; formation des élites (scolarités longues à l’Ecole nationale d’Administration et l’Ecole de la Magistrature) ; développement de la coopération scientifique et de recherche, notamment par l’intermédiaire de l’antenne de l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes implantée à Bakou depuis 2002 L’appui à la formation des élites azerbaïdjanaises constitue la priorité de l’Ambassade de France à Bakou. Ce soutien se traduit par une politique d’attribution de bourses très dynamique : une trentaine de bourses, dont quinze bourses par an, sont allouées chaque année. Le soutien à l’enseignement du français est également un axe de coopération important, par l’intermédiaire notamment des partenariats universitaires (diplôme azerbaïdjanais créé et reconnu par l’Université de Strasbourg ; coopération avec l’Université de Nancy ; mise en place d’un département de traduction et d’interprétariat avec l’université des langues de Bakou (en partenariat avec l’université de Strasbourg) ; formation continue des professeurs de français en collaboration avec l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Versailles. Depuis 2004, le centre culturel George Sand, implanté à Bakou, œuvre au rayonnement culturel français en Azerbaïdjan . Y sont dispensés des cours de français sur huit niveaux répartis tout au long de la semaine, en journée et en soirée, des cours pour enfants, des cours pour fonctionnaires, une préparation au DELF-DALF, TCF, TEF, et cours spécialisés de français écrit et de français de la presse. Des expositions, des conférences-débats, et médiathèque sont ouvertes aux visiteurs. Des activités artistiques et culturelles sont proposées hors et dans les murs : expositions de jeunes peintres, photographes, sculpteurs, « heure du conte », conférences-débats en français en azéri et en anglais des thématiques diverses. Ce centre se veut un lieu de libre parole. S’agissant de la coopération en matière de sécurité, l’Ambassade de France à Bakou dispose depuis septembre 2002 d’un attaché de sécurité intérieure basé à Tbilissi qui exerce une compétence régionale sur l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Une coopération dans le domaine de la sécurité civile a été engagée à la suite de la visite en France, en juin 2006, du Ministre azerbaïdjanais des Situations d’Urgence, M. Kamaleddin Heydarov. Un accord intergouvernemental de coopération dans ce domaine a été signé en janvier 2007. Cette coopération comprend la fourniture de matériels, des actions de conseil et de formation, ainsi que la mise en place de salles opérationnelles de gestion de crise aux niveaux central et régional. En matière de coopération sectorielle, les domaines vétérinaire et agricole ont suscité un grand intérêt et un engagement ferme de nos partenaires azerbaïdjanais . Ont été ainsi développés des programmes d’appui au Département vétérinaire azerbaïdjanais (création d’un Service d’Etat vétérinaire) et de rénovation de la filière arboricole de Gouba (avec la création d’une coopérative et le lancement d’importation de matériel génétique français et de technologie pour l’exploitation des pommes et des poires.
Depuis septembre 2002, l’Ambassade de France à Bakou dispose d’un Attaché de sécurité intérieure à Tbilissi doté d’une compétence sur l’Arménie et l’Azerbaïdjan. La coopération militaire et de défense est très peu développée le rôle de médiateur qu’exerce la France, coprésidente du Groupe de Minsk, dans le conflit du Haut-Karabagh lui impose une attitude de retenue et d’équilibre.
